EGLI Kawa Bonneville 1977
L'Egli Bonneville de Rainer
Cette Egli Bonneville a été achetée neuve à Hambourg, en 1977, chez l'importateur Egli pour l'Allemagne.
Elle a été immatriculée le 3 juin 1977.
Rainer, son premier propriétaire, a conservé la moto durant 33 ans.
A son guidon, il a voyagé dans toute l'Europe, parcourant plus de 38 000 km.
Dans les années 80, Rainer n'hésitait pas à effectuer 1 800 km (aller-retour) pour se rendre à Betwill, près de Zurich en Suisse, pour le simple plaisir de faire réviser sa moto chez Fritz Egli.
En 2010 a sonné l'heure de la retraite.
Rainer s'est séparé de son Egli, non sans regrets : il quittait Hambourg pour aller s'installer en Floride, vivre le rêve américain !
Depuis lors, nous sommes toujours restés en contact, Rainer demande souvent des nouvelles de sa Egli.
Nous lui envoyons des photos d'atelier où se trouve exposée la moto.
Des photos des différents salons auxquels elle a participé.
Après le COVID, Rainer est revenu s'installer à Hambourg, lassé de la vie en Floride ... le rêve américain est passé.
Egli Bonneville EVK 1977
Cette Egli Kawasaki est un modèle Bonneville EVK de 1977.
Le cadre poutre avec moteur suspendu reprend le concept imaginé par Fritz Egli dix années auparavant.
Le châssis est en acier au chrome molybdène 24 CD 4S.
Il porte le numéro de série EVK 900 704US, marqué à froid sur la colonne de direction.
La plaque du constructeur est fixée sur la platine support moteur, côté gauche.
Le châssis complet est dans son état d'origine, nickelé et vernis.
La moto a fait l'objet d'une restauration complète en 2026.
Le cadre poutre a été mis à nu pour être entièrement poli.
La fourche siglée Egli, mais de fabrication Paioli, a été démontée, rincée et vidangée.
Les tés et les fourreaux sont en magnésium - ces derniers comportent un double pontet rigidificateur supportant le garde-boue AV.
Les plongeurs sont en 36 mm de diamètre.
Les combinés amortisseurs, de marque Koni, sont neufs.
Les roues, en diamètre 18", sont en alliage de magnésium moulé.
Sur les branches figurent les sigles "Egli-Vincent" et "Swiss made".
Les roues ont été microbillées et peintes en polyuréthane - finition or.
Les pneumatiques sont des Bridgestone BT 45 neufs.
Les maîtres-cylindres AV et AR, de marque AP Racing, sont neufs.
Les étriers à double piston de la même marque sont également neufs.
Les disques AV sont des Brembo perforés en fonte, diamètre 280 mm.
Le disque AR est en 250 mm.
Les durits en inox tressé, de type aviation, sont neuves.
La carrosserie est d'origine et d'époque - il n'y a pas de pièces adaptables ou de refabrication sur cette moto.
Le réservoir d'essence est un modèle en aluminium (imposé par la règlementation de l'époque en Allemagne).
L'intérieur est cloisonné.
La trappe de remplissage, également en alu, dispose d'un système d'ouverture rapide et d'une serrure à clef (les réservoirs Egli en polyester étaient équipés de trappes de réservoir de type Monza).
Le carénage est en polyester fin et allégé.
L'optique H4 rectangulaire est également conforme à la réglementation de l'époque : sur une moto, les phares ronds, simple ou double optique, n'étaient pas autorisés en Suisse.
La selle monoplace "Racing" est encore dotée de son garde-boue intégré d'origine. Pas très esthétique mais tellement rare (la plupart des utilisateurs commençaient par les supprimer).
L'ensemble de la carrosserie a été repeint dans le coloris d'origine de la moto.
Des stickers Egli, Egli Kawa et Egli Racing ont été apposés sur le réservoir, le carénage et la selle, comme c'était le cas à l'époque.
Le compteur est gradué jusqu'à 300 km/h, comme l'imposait la règlementation allemande de l'époque : compte-tenu de l'augmentation de puissance et de l'amélioration des performances, l'importateur allemand était tenu de modifier le compteur d'origine Kawa afin que la vitesse maxi indiquée corresponde à la réalité des performances du véhicule.
Le tableau de bord comporte également :
- compte-tours Kröber (zone rouge à 10 000 tr/mn)
- jauge de température d'huile
- voyants
- fusibles
Le contacteur à clef d'origine Kawa est positionné sur le côté gauche.
Les guidons bracelets sont de marque Magura.
Les commodos sont d'origine Kawasaki.
Le moteur est issu d'une Z 1000 Kawasaki A1 de 1977.
Numéro de série : KZT00AE031692
Il a été entièrement reconditionné en 2026 :
- vilebrequin contrôlé
- pistons racing haute compression
- culasse retravaillée
- guides et soupapes neuves
Le bloc a été microbillé.
Le circuit de lubrification comporte un échangeur air/huile placé devant la culasse.
La rampe de carburateurs est également issue d'une Z 1000 Kawasaki A1 de 1977.
Elle a été démontée, passée au bac à ultra-sons et reconditionnée.
Les gicleurs principaux passent de 112,5 à 117,5.
Les aiguilles ont été déplacées d'un cran.
Les cornets en alu sont équipés de grilles de protection.
L'allumage est neuf, de type électronique.
Les bobines sont neuves, de marque Dyna S.
L'échappement de type 4 en 1 noir mat est d'origine, de marque Lenhardt & Wagner - il était homologué sur ce modèle en 1977.
Les platines repose-pieds en alu sont d'origine, elles participent à la rigidité du cadre en enserrant à la fois le cadre, le bras oscillant et le moteur.
Les commandes reculées, en acier, sont également de fabrication Egli.
Le sélecteur est réglable en 3 positions.
EGLI Story
Au début des années 60, Fritz Egli est un pilote suisse qui participe aux courses de côte, au guidon d'une 1000 Vincent.
Le moteur V2 est puissant, mais le châssis ne permet pas de l'exploiter pleinement.
Afin d'améliorer les performances de sa machine, Fritz Egli, ingénieur de formation, réalise son propre châssis, en acier 24 CD 4S, à la fois plus léger et plus rigide que le cadre d'origine.
Pour Fritz Egli, un cadre de moto doit comporter des tubes courts et droits, plutôt que longs et incurvés.
Les points du châssis les plus sollicités se situant au niveau de la colonne de direction et de l'ancrage du bras oscillant, Fritz Egli réalise son cadre à partir d'un énorme tube-poutre supérieur, de 115 mm de diamètre, sous lequel est suspendu le moteur qui participe à la rigidité de l'ensemble.
Sur les Vincent, ce tube-poutre fait office de réservoir d'huile.
Le bras oscillant est constitué de tubes de section oblongue, renforcés par des tubes ronds logés de chaque côté à l'intérieur des tubes oblongs.
Le bras oscillant est monté sur des roulements coniques - il est positionné entre les platines alu de fixation AR du moteur.
Avec une moto devenue plus légère et plus rigide, capable d'encaisser la pluissance de son moteur Vincent préparé, Fritz Egli remporte le Championnat suisse de course de côte en 1968.
En 1969, c'est un autre pilote, Fritz Peier, qui est titré, toujours au guidon d'une Vincent à cadre Egli.
A la fin des années 60, Fritz Egli délaisse le moteur Vincent pour se tourner vers les productions japonaises.
Il commence par réaliser des parties-cycles de course destinées à recevoir le bicylindre CB 450 Honda.
Puis le 4 cylindres CB 750.
En 1972, une Egli Honda s'illustre, cette fois au niveau international, en remportant la Coupe F.I.M. d'Endurance - l'ancêtre du Championnat du Monde d'Endurance, avec notamment :
- victoire aux 24 H de Liège à Zolder
- 2e place au Bol d'Or au Mans
La moto est pilotée par un jeune équipage franco-suisse : Georges Godier et Alain Genoud !
En 1974, Godier et Genoud remportent une victoire probante au Bol d'Or et s'imposent une nouvelle fois dans la Coupe F.I.M. d'Endurance.
Le châssis Egli est désormais équipé d'un moteur Kawasaki, dérivé du bloc 900 Z1 de série.
La moto victorieuse est depuis exposée au musée de l'usine Kawasaki, à Akashi (Japon).
Fort de ses succès en compétition, Fritz Egli, acquiert une notoriété croissante.
Il commercialise ses parties-cycles, pour des clients à fort pouvoir d'achat.
Les motos reprennent les caractéristiques des machines de course et sont le plus souvent siglées "Egli-Racing".
Des motos de série donneuses, elle n'utilisent que les éléments et équipements principaux :
- moteur
- carburateurs
- instrumentation (tableau de bord, commodos)
- faisceau électrique
Les autres accessoires sont spécifiques et le plus souvent de fabrication spéciale, siglée Egli :
- cadre poutre + bras oscillant
- fourche
- roues
- freins
- carrosserie polyester
- échappement 4 en 1
Au milieu des années 70, Egli accède au statut de constructeur à part entière.
La marque se diversifie : outre les parties-cycles destinées aux motorisations Vincent, Honda et Kawasaki, le constructeur suisse propose également des versions sur base Laverda et Triumph.
Les Egli sont homologuées pour une utilisation routière.
Elles sont diffusées dans plusieurs pays.
A partir de 1974, c'est King's Motorcycle, concessionnaire à Meudon, qui importe et distribue Egli pour la France.
La fin des années 70 marque l'âge d'or de la marque suisse.
Entre 1974 et 1980, Egli produit 1 040 motos basées sur le 4 cylindres Kawa.
Son plus gros succès.
Avec en point d'orgue la fabuleuse MRD-1 Turbo produite à 10 exemplaires et pouvant développer jusqu'à 180 CH (vitesse maxi 330 km/h).
Autre succès notoire, l'Egli Honda, construite autour du 4 cylindres double arbre des Honda CB 900 Bol d'Or et CB 1100 : environ 500 unités.
Egli réalise également une version basée autour du 6 cylindres de la 1000 CBX (produite à 50 exemplaires) en collaboration avec le designer allemand Target Design, par ailleurs à l'origine de la Suzuki Katana.
En 1982, Egli se tourne vers Suzuki : environ 300 machines de route sont produites avec pour motorisation les blocs GS 750, GS 1000 et GSX 1100.
A partir du milieu des années 80, les parties-cycles des motos japonaises deveiennent enfin performantes : Honda 750 VFR, Suzuki 750 GSXR, Yamaha 500 RDLC, etc ...
Le temps des préparateurs de génie est révolu.
En outre, le cadre poutre en acier, cher à Fritz Egli, est désormais dépassé par les châssis périmétriques tout alu des productions niponnes.
A partir de 1986, les normes d'homologation s'harmonisent dans l'Union Européenne.
Conséquence, l'homologation des modèles ne s'effectrue plus pays par pays, mais au niveau européen. Les nouvelles procédures, complexes et onéreuses, ne sont plus accessibles aux petits constructeurs.
Egli s'oriente alors vers la customisation de modèles de grande diffusion : Yamaha V-Max (environ 30 exemplaires).
Il réalise une dizaine d'Egli BMW (moteur K100).
Ou encore une vingtaine d'Egli Ducati (750 et 900).
Mais sur le plan technique comme sur le plan économique, le temps des motos spéciale est révolu, on a changé d'époque.
Dans les années 90, Egli réalisera encore quelques machines à l'unité, à la demande de clients fortunés, en quête d'exception.
En 2015, Fritz Egli, alors âgé de 77 ans, se résoud finalement à prendre sa retraite et à céder sa société Egli Motorradtechnik AG.
Le repreneur est Alexander Frei, entrepreneur et pilote de course suisse.
Fritz Egli est demeure consultant technique.
L'entreprise, toujours basée Betwill, près de Zurich, connaît alors une seconde jeunesse en restaurant à vil prix, les modèles emblématiques de la marque, réalisés dans les années 70.
Mais l'activité périclite progressivement et l'entreprise ferme définitivement ses portes fin 2023.
Né en 1937, Fritz Egli a aujourd'hui 89 ans.
EGLI EVK 900 704US 1977
(en 2010)
KB Style
Tous droits réservés (texte & photos originales)
Estimation production motos Egli depuis 1967
Vincent 1000 67-72 100 unités
Ducati 750 73-74 DE 10 (15)
Kawasaki Z900-1000 73-79 EK9 400
Yamaha TZ 250/350 75-77 EY 20
Yamaha TZ700 76-77 EY 10
Morbidelli 250 76-77 EM 20
Honda 1000 GL 77 1
Honda CB 900/1100 78- EH9-C 500
Kawasaki Z900-1100 79- EK9-C 600
Kawasaki Z900-1100 79- EK9-CT 40
Honda CBX1000 79-90 EHI0-C 50
Rotax 250 82-83 2
Suzuki 750-1100 82- ESI0-C 300
Yamaha à l'unité 82-85 ES1-CY 30
BMW K100 84-89 CE 10
Honda VF1000F/R 84 4
Ducati 750/900 89-90 ED-9C 20 (25)
BMW R100 95- CE 2
Harley Davidson 1
Royal Enfield 500 1
Royal Enfield 750 1