Kawasaki 1260 Street Racer

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Au coeur des années 70, les grosses cylindrées japonaises déferlent sur les marchés occidentaux.

Performantes, fiables, proposées à des tarifs accessibles, elles séduisent un public de plus en plus large, de plus en plus jeune.

La moto marginalisée des années 60 devient un objet de loisir pour tous.

Elle est à l'image des seventies : un symbole d'évasion et de liberté.

L'époque est aux gros cubes nippons, et à leur accessoirisation.

Les enseignes spécialisées se multiplient, les motos customisées affluent dans la presse spécialisée dont les titres se multiplient.

Les codes sont vite établis :

- peinture personnalisée : paillettes, coucher de soleil, ciel étoilé, ...

- chromes à profusion

- préparation moteur

- échappement 4 en 1 : Kerker, Marving, Devil ...

- roues à bâtons : JPX, Lester, OZ, Melber ...

- selles Speed

- amortisseurs : Marzocchi, Koni, Girling ...

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Cette Kawasaki 1260 "Street Racer", réalisée sur base de Z1000 A2 1978, fait référence aux prépas des années 70.

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Cadre chromé : le must des seventies

Le cadre d'origine a été vérifié : alignement, corrosion.

Il a été mis à nu et décapé.

Les parties les plus visibles ont été polies.

Le cadre a été entièrement chromé selon la méthode traditionnelle : cuivre, nickel, chrome.

Comme étaient traitées les parties-cycles Martin, Egli, ...

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Autres pièces chromées :

- béquille latérale

- couvercle A.A.C.

- platine fixation moteur

- entourages et obus de compteurs

- cuvelage de phare

- supports rétroviseurs

- commodos

- repose-pieds pilote

La fourche a été reconditionnée :

- plongeurs

- joints spis

- caches poussière

- hydraulique

Les fourreaux ont été traités en noir et dotés de stickers "Kawasaki".

Les tés de fourche ont été peints en époxy.

Les roulements de direction sont neufs (roulements coniques).

Les disques de frein AV de Z1, à 6 vis de fixation, ont été perforés, comme d'usage à l'époque.

Les étriers sont d'origine Z1000 A2.

Le bras oscillant est issu d'une KZ1000 LTD.

Il a été décapé et peint en époxy, finition noir brillant.

Il est équipé de son carter de chaîne d'origine, chromé.

La transmission secondaire, au pas de 630, est de type autolube.

La couronne est une authentique JPX N.O.S. en aluminium.

Le disque de frein AR a été perforé.

Les amortisseurs sont des Koni 7610 N.O.S. à corps chromés et ressorts noirs.

Ils sont réglables en détente et en précontrainte des ressorts.

KONI : des harnais de chevaux à la F1

L'histoire de KONI débute en 1857, aux Pays Bas, avec la fabrication de selleries et de harnais pour chevaux.

Après la première guerre mondiale, KONI se tourne vers l'industrie automobile en plein essort.

1932 : premiers amortisseurs à friction

1940 : inverseur Essence-Gazogène pour voitures - premier produit portant le nom KONI

1945 : premiers amortisseurs hydrauliques télescopiques réglables, pour voitures et poids lourds.

KONI en compétition :

1956 : première collaboration en F1 avec Ferrari, sur le circuit de Nürburgring

1958 : premier Grand Prix F1 à Monza avec Ferrari

1971 : titres mondiaux Pilotes et Constructeurs avec Jackie Stewart et Tyrell Ford

KONI en moto :

1967 : présentation de la gamme moto 76

Plus performants que la plupart des amortisseurs existants, les Koni sont plébiscités sur route comme sur piste.

1980 : introduction de la série 7610, avec réglage de l'hydraulique par molette "Dial-a-Ride" à 4 positions.

A la fin des années 90, KONI cède sa branche moto à son distributeur australien, Proven Products Pty. of Australia, qui acquiert les droits mondiaux exclusifs de fabrication des amortisseurs Koni pour motos.

La série 7610 est depuis produite en Australie, avec quelques évolutions, et commercialisée sous la marque IKON de Proven Product.

2000 : nouvelle gamme 7614 à corps en aluminium, chargé d'azote

Années 2000 : ressorts de fourche, mono-amortisseurs, gamme tout-terrain

2014 : série Basix, destinée à équiper la plupart des modèles de motos de route

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Les roues en aluminium à 5 branches sont des JPX d'époque :

- roue AV : 2.15 x 19"

- roue AR : 3.00 x 18"

Elles ont été traitées en noir brillant.

Les pneumatiques sont de marque Bridgestone.

Les garde-boue chromés sont issus d'une KZ1000 LTD.

Le garde-boue AR reprend le support de feu AR "court" des LTD.

La saga JPX : de Japauto à la F1

JPX est fondé en 1969, par Jacques Bouchoux, alors âgé de 20 ans.

A l'origine, JPX est un petit atelier à Vibraye, dans la Sarthe, spécialisé dans la fabrication de transmission secondaires, chaînes et pignons, pour la moto.

La structure prospère durant deux décennies, essentiellement dans le domaine de la moto :

- Japauto : bloc-cylindres, carter d'allumage, tirage rapide

- kits transmission Duplex montés sur des couronnes en nylon

- JBB : moteurs 250

- MBK compétition : pistons 50cc

- Yamaha : kit 500 XT

- Honda : kit liquide 500 CR

- Sonauto : kit liquide 535cc pour 490 YZ

- Fior : moteur 500 2 temps

- Honda RC 174 Hailwood Réplica six-cylindres pour Georges Beale, collectionneur anglais

Dans les années 90, JPX se diversifie :

- moteurs d'ULM

- moteurs pour avions de tourisme (activité transférée chez Mader Racing)

- micro-réacteurs

- sous-traitance pour Mecachrome, fournisseur de Renault F1

En 2003, JPX qui compte 130 salariés, est absorbé par Mecachrome, dont le siège social est rapidement délocalisé au Canada.

De nos jours, Mecachrome (redevenue française) dispose encore d'une entité à Vibraye - centre de R&D.

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Le phare est installé sur une platine solidaire du té de fourche supérieur - les portières de phare d'origine ont été supprimées.

Le cuvelage du phare est chromé.

L'optique est de type H4.

Les clignotants AV sont montés sur des tiges courtes.

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Les compteurs sont d'origine Z1000.

Ils sont équipés d'entourages et d'obus chromés.

La zone rouge du compte-tours débute à 8 500 tr/mn.

Le compteur affiche le kilométrage d'origine de la moto avant restauration.

Le contacteur principal à clef est d'origine.

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Les comodos sont de très rares comodos de Z1 chromés.

Le maître-cylindre de frein AV est un Brembo d'époque.

La carrosserie est en peinture neuve :

- fond Candy Rouge

- décors noirs, filets gris métal, bande or avec dégradé

La finition a nécessité 5 couches de vernis.

La selle Speed est d'époque avec sa housse en skaï et ses surpiqûres.

Elle comprend un coffre de rangement intégré au dosseret.

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Au coeur de la prépa : un moteur de 1260 cc

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Le moteur a été restauré.

Il a reçu une préparation spéciale :

- vilebrequin allégé et équilibré

- boîte de vitesses contrôlée (pignons, fourchettes, arbres, tambour de sélection, roulements, portées)

- pistons haute compression à calotte surélevée (+ segments + axes + clips)

- bloc-cylindres réalésé

- plan de joint rectifié

La culasse a été reconditionnée :

- guides de soupapes + joints de queues de soupapes neufs

- rectification sièges de soupapes

- soupapes + rodage

- plan de joint rectifié

- conduits polis

L'équipement mobile de la distribution est neuf :

- chaîne de distribution renforcée

- roulettes crantées + axes + silentblocs

- roulette guide supérieure + silentblocs de maintien

- roulette guide + axe + silentblocs

- roulette articulée

- patin

Les demies-lunes sont neuves.

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Le moteur complet a été traité en atelier de peinture industrielle :

- microbillage

- peinture polyuréthane cuite au four, finition noir brillant

Pièces polies :

- carter de pignon de sortie de boîte

- carter d'alternateur

- carter d'allumage + couvercle

- carter d'embrayage

- couvercles de carburateurs

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Les carburateurs Mikuni VM28SS, issus d'une Z1000 MK2, ont été démontés, nettoyés au bac à ultra-sons et remontés en pièces neuves :

- gicleurs

- pointeaux

- aiguilles

- joints

- té connecteur

La visserie a été rezinguée.

Les durits sont neuves.

Les filtres à air individuels sont de marque K&N.

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L'échappement 4 en 1 est un Kerker, équipé d'un décibel killer.

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La "drôle" de vie de George KERKER

Au début des années 70, George Kerker est l'un des pilotes acteur de l'avènement des courses Superbikes, sur la côte ouest des U.S.A.

Mais Kerker est aussi et surtout une figure emblématique du petit monde de la course moto, adepte des wheelies et des burn-out qui ravissent le public.

Qui a oublié le tour d'honneur effectué par Kerker en duo avec sa compagne nue ?

Les fans ont adoré.

Entre les courses, Kerker réalise des échappements spéciaux pour les autres pilotes du paddock qui courrent sur des machines européennes, Moto Guzzi, Norton, puis sur des Honda CB750.

En dehors des courses et de son atelier, Kerker mène une vie de "night cluber", typique de l'époque et de la région.

Figurant parmi les meilleurs danseurs disco de So Cal, George et sa petite amie remportent régulièrement des concours de danse.

Alors que les drogues récréatives se déversent sur la Californie, George est une figure emblématique de ce mode de vie nocturne et frivole.

Il arrive que George se rende directement du night club au circuit, en tenue de danseur (pantalon à pattes d'éph' et chemise à large col), au volant de sa somptueuse Corvette attelée, la moto de course vaguement sanglée sur la remorque.

A ses côtés, on trouve toujours une fille magnifique, encore somnolente.

Sur la piste, Kerker est un pilote.

Plutôt rapide.

Et joueur : il a installé sur sa moto une sirène d'ambulance qu'il active à chaque dépassement d'un concurrent, au plus grand plaisir des spectateurs.

Après avoir couru sur Norton, Kerker devient l'un des premiers pilotes de Yoshimura, en 1972, sur Honda CB750.

Avec l'apparition des multi-cylindres japonais, les échappements Kerker connaissent un succès grandissant.

Mais George n'est pas fait pour gérer une entreprise, la développer pour répondre à la demande : il décide de vendre sa société.

À la fin des années 70, George n'arrive plus à contrôler sa vie.

Sa petite amie devient paralysée à la suite d'un accident domestique, en changeant une ampoule dans leur appartement.

George tombe alors profondément dans la dépendance.

Fin septembre 1977, Kerker se suicide.

Il est retrouvé mort dans sa boutique, sur Van Nuys.

Il n'avait que 35 ans.

A titre d'hommage, la dernière course du Championnat A.M.A. 77 à Riverside, est rebaptisée, en l'honneur de George Kerker.

Kerker et ses échappements ont laissé un souvenir durable dans le sport moto U.S.

George a également fortement impressionné tous ceux qu'il a croisés.

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Autres pièces neuves :

- bobines haute tension

- cabochons NGK

- allumage électronique

- faisceau électrique

- boîtier 3 fusibles

- redresseur/régulateur

Equipement électrique d'origine :

- démarreur

- relais de démarreur

- alternateur

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Consommables neufs :

- câbles de gaz

- câble d'embrayage, de compteur, de compte-tours

- transmission secondaire au pas de 630 renforcée à joints toriques type "autolube"

- batterie YUASA 14A

- filtre à huile

- bougies NGK B8ES

- plaquettes de freins

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