Kawasaki 500 Mach III : the widow maker

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Avril 1967.

Yoji Hamawaki, Vice-Président de K.M.C., filiale U.S. de Kawasaki, demande à l’usine de travailler sur un nouveau modèle sport-touring, destiné au marché U.S. en pleine expansion.

Cette future "grosse" cylindrée viendra coiffer la gamme des bicylindres 2 temps.

Elle devra séduire les utilisateurs de Triumph Bonneville, de BSA et de la nouvelle Honda CB 450 (au prix attractif et aux performances élevées : 44 CH pour 170 km/h).

Hamawaki définit le cahier des charges :

- cylindrée : 500cc

- puissance : 60 chevaux

- 400 m D.A. en moins de 12’

- prix de vente inférieur à 1 000 $ U.S.

Il ajoute une caractéristique essentielle : cette 500 ne devra ressembler à aucune moto existante !

A cette époque, Kawasaki connaît enfin le succès en amérique du nord, avec ses bicylindres 2 temps : Samurai 250 et Avenger 350.

Il serait aisé de concevoir une "Super Avenger", dotée d'un bicylindre 2 temps de 500 cc :

- concept mécanique risqué, avec une cylindrée unitaire portée à 250 cc

- intérêt marketing limité

M. Morita, n°2 de Kawasaki Japon, suggère au contraire de développer un tout nouveau moteur : 3 cylindres 2 temps, face à la route.

Le projet porte le nom de code N100.

En interne, il est surnommé "Blue Streak".

Il est confié au jeune ingénieur motoriste, Y. Otsuki.

A la demande des américains de K.M.C., le design – ligne générale et décoration – sera élaboré aux Etats-Unis, afin de correspondre aux attentes des clients U.S.

Une première pour un constructeur japonais.

K.M.C. obtient une autre concession majeure de l'usine : les tests des modèles de préproduction seront effectués sur le sol américain.

Le management de Kawasaki U.S., en la personne d'Alan Masek, demande enfin que la future 500 soit équipée d'un allumage électronique, de type C.D.I. (Capacitive Discharge Ignition).

Une première pour une moto de série.

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Septembre 1969.

La presse spécialisée est réunie sur la piste de dragster de Lions - Lions Drag Strip - près de Long Beach en Californie, pour assister à la présentation mondiale de la 500 Mach III.

C'est Tony Nicosia, pilote de dragster et essayeur maison, qui est chargé de mettre en évidence les capacités d'accélération de la nouvelle Kawa.

Après quelques runs de démonstration, les journalistes peuvent essayer les motos sur la piste de dragster.

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Commercialisée en 1969, la 500 Mach III va connaître un succès mondial.

Elaborée comme la moto dont le marché américain avait besoin, elle est proposée au tarif où elle peut être vendue.

Il ne s’agit plus, comme auparavant, d’un modèle défini par les ingénieurs japonais pour le marché domestique japonais, puis, dans un second temps, proposé à l’export.

Avec la Mach III, les américains de K.M.C. ont défini un produit "gagnant" que les ingénieurs japonais de Kawasaki ont eu pour tâche de réaliser, le plus fidèlement possible, afin que la marque d'Akashi s'installe de manière durable, sur le marché nord-américain.

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Cette Kawasaki 500 Mach III est un modèle 1969 totalisant 16 531 km.

La moto a fait l'objet d'une restauration complète en atelier spécialisé.

Même si elle ne s'avère pas strictement conforme à l'origine (carters moteurs polis, cuvelage de phare noir, leviers adaptables, clignotants, etc ...), elle reflète bien l'esprit des années 60.

Et surtout, elle fait le bonheur de son propriétaire, qui l'a installée dans son salon.

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La moto est dotée de l'allumage électronique C.D.I. Mitsubishi 1ère génération.

Celui-là même qui fut recalé lors de l'homologation du modèle en France, pour cause d'interférences avec le signal TV.

On sait aujourd'hui que la SIDEMM commercialisa tout de même, une trentaine de machines ainsi équipées.

Et non officiellement homologuées.

Cette 500 Mach III a été exposée dans le cadre de la "collection KB Style" au Salon du 2 roues de Lyon 2020 :

https://www.facebook.com/BIKE70moto/videos/206419160564972

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KB Style

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