Prépa MORIWAKI : Hors-Série SPEED – Cafe Racer – décembre 2011

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Photos : Maël KERNEÏS

Cette machine est d'abord une réplique de la MORIWAKI d’usine engagée en 1981 dans le  Championnat du Monde TTF1, couru en Grande-Bretagne.

C'est aussi un hommage à Mamoru Moriwaki, préparateur de génie et précurseur dans le domaine des parties-cycles.

Présent en compétition depuis plus de 40 ans, Mamoru Moriwaki a enfin été récompensé par un titre de Champion du Monde, obtenu en 2010 en Moto2, avec pour pilote Tony Elias.

Cette préparation est enfin l’occasion de réaliser une moto exclusive, chargée d’histoire : un concentré de technologie, de pièces spéciales, d’alu usiné dans la masse, de carters magnésium et de visserie titane.

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Flash-back :

A la fin des seventies, Moriwaki Engineering Ltd. est une petite entreprise florissante.

Ses spécialités ?

- préparation moteur multi-cylindres japonais

- réalisation pièces spéciales : arbres à cames, vilebrequins …

- modification parties-cycles

Les affaires sont prospères.

Les résultats en compétition sont au rendez-vous.

Mais la marque est méconnue et souffre d’un déficit d’image.

Il est vrai qu’elle travaille en exclusivité pour un client, prestigieux certes, mais qui s’approprie résultats et notoriété.

Le nom de ce client : Pops Yoshimura.

Ca parle, non ?

Comment faire quand on s’appelle Moriwaki, que l’on prépare des moteurs et des parties-cycles qui s’illustrent sur tous les continents et que l’on travaille exclusivement … pour son beau-père ?

Car Mamoru Moriwaki est également le gendre du célèbre sorcier, Pops Yoshimura.

Quand on connaît la culture du pays, le respect des traditions, des valeurs et des aînés, on imagine mal comment le jeune Mamoru peut parvenir à grandir et s’émanciper à l’ombre du grand chêne.

 

Son salut et sa gloire, Moriwaki va les trouver hors de l’archipel, en engageant des motos sous son nom et ses propres couleurs (bleu roi à bande centrale jaune) aux Etats-Unis et en Europe.

Pour cela, il fait appel à de jeunes pilotes étrangers, politique à laquelle il reste fidèle encore de nos jours.

Moriwaki est également un dénicheur de jeunes talents, ce qui rend la compétition plus accessible financièrement.

 

En 1979, il fait courir le Néo-zélandais Graeme Crosby en Championnat du Monde TTF1, sur une Kawasaki Moriwaki extrapolée d’une 900 Z1.

La machine rapidement surnommée "the Monster" et son pilote font forte impression.

Au terme de la saison, Crosby finit vice-champion derrière Ron Haslam, connu pour ses départs "canon" - c’est le fils de Ron Haslam, Leon, qui s’illustre aujourd’hui en mondial SBK.

 

En 1980, c’est au tour du jeune Eddie Lawson, futur quadruple champion du monde en GP 500, de se voir confier une Kawa Moriwaki pour le championnat AMA Superbike US dont il y remporte une épreuve (Ontario).

 

En 1981, Moriwaki engage une machine aux 200 miles de Daytona. Sur les conseils de Graeme Crosby, il fait appel à un jeune pilote australien au talent prometteur et au style débridé, Wayne Gardner, qui termine la course à la 11e place.

Ses adversaires du jour se nomment Freddie Spencer, Wes Cooley, Mike Baldwin...

La légende est en route.

Fort de ce résultat, Moriwaki engage moto et pilote dans le Championnat du Monde TTF1.

Faute de budget, il n’est question que d’une seule course … pour voir.

Et c’est tout vu : Gardner remporte la première course du championnat à Cadwell Park.

Il fait la saison complète et réalise des prouesses qui lui vaudront d’être repéré par Honda H.R.C. (avec lequel il courra en GP 500 en 1984 et sera titré Champion du Monde en 1987).

Les années Crosby, Lawson et surtout Gardner ont apporté à Mamoru Moriwaki reconnaissance et admiration dans son pays d’origine.

La Moriwaki de 1979 reste de nos jours, une machine culte pour les motards japonais.

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S'attaquer à une telle moto, c'est d'abord se documenter, collecter des photos d’époque et des vidéos concernant la moto de course de 1980.

La vraie !

Ensuite, tout n’est qu’arbitrage : par définition, la moto dans sa définition course, destinée à la piste ne serait guère utilisable sur route, ses caractéristiques techniques et son équipement la rendant plutôt spartiate et exclusive.

Quitte à faire une "replica", autant préserver l’esprit de la moto d’origine, en plus civilisé, en plus abordable.

Le cadre nu, issu d’une Kawasaki de route de 1980 reprend les côtes, les renforts et les goussets de la moto de course de Wayne Gardner.

Le cadre passe de 18 Kg à 14 Kg !

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Un bras oscillant en aluminium à double renfort est importé du Japon.

Des combinés amortisseurs Öhlins sont spécialement réalisés pour ce projet : c’est anachronique, mais plus efficace que les combinés de l’époque. Leur ancrage supérieur sur le cadre Kawa est caractéristique des Moriwaki.

La fourche reste d’origine Kawa, équipée de ressorts au tarage spécifique et d’un kit émulateurs.

Les roues Campagnolo en magnésium sont d’époque et conformes à la moto d’origine :

- 4’ à l’AR

- 2,15’ à l’AV

Les étriers AV Brembo 4 pistons à plaquettes tendres sont associés à des disques flottants de 320 mm et commandés par un maître-cylindre radial, de la marque, en alu coulé.

Pour le frein AR : étrier Brembo, plaquettes racing, disque flottant, durit aviation.

Les platines repose-pieds en aluminium, taillées dans la masse, sont siglées Moriwaki.

 

En 1980, la moto de Wayne Gardner délivrait 125 CH à 9 500 tr/mn.

La Wayne Gardner Replica est dotée d’un vilebrequin course courte acheté au Japon (le même que celui des motos d’endurance d’usine de 1981) et d’une culasse préparée à grosses soupapes et double allumage.

La boîte de vitesses est modifiée (1ère longue) et l’embrayage renforcé reçoit une commande hydraulique (maître-cylindre radial Brembo en alu coulé).

Un gros échangeur air/huile est placé en avant du bloc – un petit thermomètre remplace le bouchon de remplissage d’huile moteur.

L’alimentation est confiée à des carburateurs racing Keihin CR33 avec des cornets en aluminium repoussé.

L’échappement 4 en 1 est de fabrication Moriwaki, acheté au Japon : il est reconnaissable à la courbure spécifique de ses quatre tubes de sortie ainsi qu’à son silencieux tout alu.

L’alternateur d’origine, lourd et volumineux, a laissé place à un modèle plus petit, plus fiable  et plus puissant.

Le démarreur électrique, la batterie et le faisceau électrique sont conservés.

Au guidon, un commodo moderne regroupe toutes les fonctions : démarreur, code/phare, klaxon.

Le tableau de bord est d’origine Kawa avec compteur, compte-tours, voyants et clef de contact.

L’allumage électronique dispose d’un limiteur de régime.

 

Question régime : avec son vilo à course courte, le moteur délivre 121 CH et grimpe jusqu’à 10 500 tr/mn (90 CH à 8 500 tr/mn pour la Kawa d’origine).

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La belle (ou la bête ?) est habillée du gros réservoir d’essence du modèle de route (20 L), d’un carénage de Z1R avec bulle retaillée et d’un garde-boue AV en polyester.

La carrosserie reprend les couleurs de Moriwaki : bleu roi à bande centrale jaune.

 

En 1979, aux essais des 8 H de Suzuka, la Moriwaki  de Crosby/Tomie s’emparait de la pôle-position, devant toutes les machines d’usine de l’époque.

Et si cette "replica" était capable de faire la nique, au feu rouge, aux gros roadsters d’aujourd’hui...

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Cette moto a fait l’objet d’un article publié dans le numéro hors-série SPEED de la revue CAFE RACER (Décembre 2011)

 

 

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