Notre visite au Japon chez A.C. SANCTUARY

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Lors de notre voyage à Tokyo, en mai 2014, nous avons rencontré l'un des plus fameux préparateurs japonais : AC SANCTUARY.

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SANCTUARY réalise des préparations de très haute qualité, le plus souvent sur base Kawasaki :  900 Z1, 1000 Z1R, 1000 MK2.

Dans tous les cas, des motos très modifiées.

Et très abouties.

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SANCTUARY travaille également sur des modèles plus récents de la marque : GPZ900R Ninja, 1200 ZRX.

Et sur des motos d’autres marques japonaises : Honda CB 750, Suzuki 1100 Katana.

Situé dans l’ouest de Tokyo, dans la Préfecture d’Edogawa, le siège d'AC SANCTUARY occupe un édifice de deux étages comprenant un show-room au RDC, des bureaux au 1er étage et un atelier donnant sur la cour.

L’ensemble évoque une ancienne station-service, située en bordure d'une grande avenue passante.

AC SANCTUARY est dirigée par Hiroyuki Nakamura, fondateur et Président de la marque.

Ou plutôt des marques, car si AC SANCTUARY est l’enseigne la plus connue pour ses préparations, Hiroyuki Nakamura a fondé plusieurs sociétés qui distribuent à travers le Japon les produits et accessoires qu’il a créés ou qu’il importe :

- Nitro Racing : lignes d’échappement

- Sculpture : bras oscillants

- Sunstar : disques de freins

- O.Z. : roues importées d’Italie

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AC SANCTUARY emploie une dizaine de salariés, mécaniciens de formation.

La marque dispose d’un réseau de revendeurs franchisés, labellisés "SANCTUARY" et répartis sur l’ensemble de l'archipel.

Dès notre arrivée, nous sommes frappés par la jeunesse du personnel.

En France, les mécaniciens qui travaillent sur ces machines de 40 ans et plus, ont été formés dans les années 70 et sont plus proches de leur retraite que de leurs années de CAP.

Les mécaniciens qui nous accueillent ne parlent que japonais.

Nous avons rendez-vous avec Hiroyuki Nakamura, patron et fondateur de la marque.

On nous offre un café chaud en cannette, pris au distributeur sur le pallier.

Il y a des distributeurs de tout au Japon : café froid, café chaud, boissons fraîches, cigarettes, etc …

Hiroyuki Nakamura ne parle pas anglais.

Nous aurons donc besoin d’un interprète durant toute la visite.

L’accueil est convivial et chaleureux.

Nous échangeons nos cartes de visite comme le veut la pratique.

Notre visite est prévue de longue date.

Nous remercions nos hôtes pour leur accueil et leur disponibilité.

Et les félicitons pour la qualité de leurs réalisations : les machines exposées dans la cour et dans le show-room sont superbes, d’une qualité d’exécution irréprochable.

Nous expliquons qu'en France, les collectionneurs recherchent plutôt des machines dans leur état d’origine plutôt que modifiées comme le fait AC SANCTUARY.

Nous entamons la visite de l‘atelier.

Nous avons accès à tous les recoins, à tous les détails techniques.

Nous sommes autorisés à prendre des photos de l’atelier, des bureaux et du show-room, sans aucune restriction.

Cinq motos sont en cours de réalisation, sur lesquelles s’affairent autant de jeunes mécaniciens.

Quelques machines-outils complètent l’équipement : tour, fraiseuse, microbilleuse.

La plupart des prestations spécialisées sont traitées en externe : cadres, culasses, bloc-cylindres …

Les motos en cours d’assemblage sont splendides : plusieurs Kawasaki 900 Z1 et une Kawasaki GPZ900R Ninja.

Sur les motos, des protections spécifiques : un cache en plastique au-dessus d’un bloc-cylindres en attente de la repose de la culasse, des embouts en plastique sur les repose-pieds …

Simple et efficace.

AC SANCTUARY reconstruit des machines complète sous le label R.C.M. : Real Complete Machine.

Ces motos réalisées à la carte sont autorisées à rouler sur route – elles sont "street legal".

Chaque réalisation est numérotée et équipée d’une plaque d’identification.

Dans la plupart des cas, les bases de restauration proviennent des U.S.A. d’où elles sont réimportées.

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Rappelons que dans les années 70, les motos japonaises de plus de 750 cc étaient destinées à l’export et n’étaient pas commercialisées sur le marché intérieur japonais.

Les Kawasaki 900 Z1 et autres Honda 1000 CBX n’ont jamais été officiellement vendues au Japon.

A son arrivée chez AC SANCTUARY, chaque machine est démontée.

Le cadre reçoit de nombreux renforts et goussets.

AC SANCTUARY utilise indifféremment des cadres de Z1, Z1A, Z1B ou Z900 A4.

Un fois restaurée, la machine circule avec ses documents administratifs d’époque.

Elle est tellement modifiée que le caractère historique passe au second plan.

Le moteur est reconditionné, sans augmentation de la cylindrée, mais en utilisant des pièces de refabrication : pistons, cloche d’embrayage, alternateur, roue libre de démarreur …

La machine reçoit des équipements modernes issus du catalogue de la marque :

- roues alu O.Z. en 18’

- bras alu Sculpture

- suspensions Öhlins

- tés usinés

- ligne d’échappement titane

- commandes reculées

Que de la pièce spéciale.

Tout est neuf, de haute qualité et contribue à la fois à fiabiliser la machine (équipement électrique), améliorer ses qualités routières (freinage, tenue de route) et son look.

Les carrosseries sont peintes : les décos peuvent aller du plus sobre au plus flashy …

Le résultat est sublime.

En proposant des machines entièrement modifiées, AC SANCTUARY s’affranchit du respect de l'origine des moteurs et des cadres.

Quelle que soit l’année modèle du châssis ou du moteur, la moto reconstruite devient une R.C.M. sans correspondance des numéros de série ou de l'année modèle.

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La RCM 240, portant des plaques de course n°39, est une machine de circuit fabriquée sur base 1000 Z1R.

La moto a connu une large publicité sur les réseaux sociaux.

Elle a contribué à la notoriété d'AC SANCTUARY, dans le monde entier.

En vrai, c'est une machine basse, courte et ramassée.

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Hiroyuki Nakamura nous montre les traces de frottements sous le cadre et le pot d’échappement : la machine est basse, avec ses roues de 17’, mais le pilote qui a fait ça est tout sauf manchot !

Nous demandons à Hiroyuki Nakamura, si c’est lui qui pilote la moto.

Il part dans un grand rire et répond qu’il en serait bien incapable …

Nous parcourons ensemble les autres machines en cours de remontage.

Nous nous arrêtons sur une cloche d’embrayage.

Hiroyuki Nakamura utilise sur ses motos, un kit complet réalisé au Japon.

Il explique que ces cloches sont plus solides et moins chères que les cloches d’origine,  toujours disponibles au catalogue Kawasaki … Japon.

Il s’étonne d’apprendre que ces pièces ne soient plus disponibles en Europe.

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Nous sortons ensuite dans la cour pour voir les machines plus avancées.

Certaines d’entre elles sont quasi terminées, d’autre attendent encore quelques finitions.

Une Kawasaki grise attire notre attention.

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Il s’agit d’une 1000 Z1R TC, à moteur Turbo Compressé, importée des U.S.A.

C'est une 1ère série, Silver Blue, à pistons d’origine.

La moto est arrivée comme il se doit : moteur cassé.

La plupart des R.C.M. sont équipées de lignes d’échappement en titane.

Nous demandons à Hiroyuki Nakamura s’il est possible de faire démarrer une moto afin d’entendre le bruit du moteur ainsi équipé.

A notre grande surprise toutes les motos qui sont à l’extérieur sont prêtes à démarrer, équipées d’une batterie et le réservoir plein d’essence.

Les motos ne sont ni attachées ni équipées d’antivol, la plupart des clefs de contact se trouvent sur le contacteur.

Il n’y a pas de voleur au Japon.

La machine équipée de carburateurs Keihin racing s’ébroue dans un bruit rauque mais pas assourdissant.

Nous sommes arrivés depuis trois heures.

Nous resterions bien encore un peu : 2 ou 3 semaines …

Nous remontons à l’étage pour la séance photos.

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Nous recevons les catalogues de la marque et remettons en retour des revues spécialisées françaises.

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