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image002Elaborée dans le plus grand secret, la Honda CB 750 fait l’effet d’une bombe lors de sa présentation au Salon de Tokyo en Novembre 1968.

Il faut attendre mars 1969 pour voir la « quatre-pattes » débarquer en France, dans une présentation en grande pompe, au Pré Catelan, en présence des vedettes de l’époque : Guy Marchand, Jean-Pierre Beltoise, Franck Alamo ...  

Présentée dans sa livrée Candy Gold, la machine capte les flashes des photographes avec son moteur en alliage, ses quatre silencieux chromés à contre-cônes et son frein à disque hydraulique : autant de premières mondiales pour une moto de série.

 
Elle concentre à elle seule tous les rêves que des générations de motocyclistes n’avaient jusque-là osé imaginer :  
  • technologie
  • puissance
  • vitesse
  • simplicité d’utilisation

Et on l’ignore encore : fiabilité. 

Son succès commercial dans tous les pays, ses victoires en compétition (Daytona, Bol d’Or), ses multiples déclinaisons et sa pérennité au sein de la gamme Honda vont contribuer à attribuer à la CB 750 Four le titre indiscutable de « moto du siècle ».

Tout cela se passait pourtant au siècle dernier, à nous de continuer l’histoire de la CB 750 Four au 21e siècle …

CB 750 Four K0image003

image004Production totale : 53 000 unités
Ventes en France : 1 793 unités
 
La CB 750 K0 est produite durant deux années (1969 et 1970) au cours desquelles elle ne cesse d’évoluer.

Les 7 000 premiers exemplaires sont les plus recherchés :
  • ils sont équipés de carters-moteur moulés au sable, à la finition grossière
  • leur réservoir d’essence dispose d’un fond en tôle « froissée »
  • les pots d’échappement sont dépourvus de marquage

Les motos de 1969 sont plus recherchées que les modèles 70.

La K0 est aisément reconnaissable à ses caches latéraux saillants et ventilés. Le couvercle de filtre à huile des premiers modèles est dépourvu d’ailettes. La selle intègre un mini-dosseret.
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image006Autres particularités : un garde-boue avant aux bords coupants (premiers modèles), des compteurs en plastique intégrant les voyants (point mort, clignotants, pression d’huile, phare), une commande de carbus par quatre câbles rendant la synchronisation délicate, un boîtier de filtre à air, des pattes et un cuvelage de phare assortis au coloris de la machine.

Les échappements non siglés (premiers modèles) puis siglés HM CB 750 sont très « sonores » du fait de leurs grosses chicanes.

La CB 750 Four K0 est disponible en trois coloris :
  • Candy blue green (non importée)
  • Candy ruby red
  • Candy gold
 
CB 750 Four K1image007

Production totale : 77 000 unités

Ventes en France :  3 259 unités

La CB 750 K1 arrive en France en Novembre 1970.

On peut considérer la K1 comme une K0 désormais aboutie : les caches latéraux, moins saillants ne gênent plus à la conduite, les carburateurs disposent d’une commande par palonnier plus facile à régler, les compteurs sont désormais cerclés de métal et de meilleure qualité, etc …

Autres particularités : un boîtier de filtre à air en plastique noir mat, un étrier de frein noir, un garde-boue AV à bords arrondis, un couvercle de filtre à air aileté.

Les échappements siglés HM 300 sont plus discrets du fait de leurs  petites chicanes.

La CB 750 Four K1 est disponible en six coloris :
  • Candy blue green
  • Candy ruby red
  • Candy gold
  • Candy garnet brown
  • Polynesian Blue metallic (non importée)
  • Valley green metallic (non importée)    
CB 750 Four K2image008

Production totale : 63 500 unités
Ventes en France :  8 499 unités

La K2 apparaît en France en Janvier 1972. Elle restera au catalogue durant trois années.
La CB 750 K2 est la grande sœur arrivée à maturité : les défauts des premières K0 et des K1 sont désormais tous gommés.
La K2 dispose désormais de nouveaux compteurs de meilleure facture, les voyants sont regroupés dans un bloc fixé sur les pontets de guidon.

image009Les amortisseurs sont réglables en trois positions, la selle dispose d’un système de verrouillage à clef. Les pattes de phare sont désormais chromées, le cuvelage de phare est noir, la pédale de frein arrière dispose d’une butée supérieure.

Les échappements siglés HM 341 sont encore plus discrets.

La CB 750 Four K2 est disponible en six coloris :
  • Candy ruby red
  • Candy gold custom
  • Planet blue metallic
  • Custom silver (non importée)
  • Astro purple metallic custom (non importee)
  • Candy bacchus olive (non importée)    
La CB 750 Four K2 sera suivie des modèles K3, K4, K5 non commercialisés en France.
   
 
CB 750 Four K6image010

Production totale : 42 000 unités
Ventes en France :  3 395 unités

Le modèle CB 750 K6 apparaît en France en Janvier 1975. Elle sera   vendue jusqu'en juin 1976.

La CB 750 Four K6 est la dernière « vraie » 750 Four.
Elle ne présente que quelques évolutions mineures par rapport au modèle précédent : nouveaux emblèmes "750 Four" sur les caches latéraux, nouveau tableau de bord intégrant un bloc-voyants et le  contacteur principal à clef, robinet d'essence situé à gauche du réservoir, nouveau revêtement de selle, etc …

La CB 750 Four K6 est disponible en neuf coloris :
  • Planet blue metallic
  • Candy bacchus olive
  • Armor silver metallic
  • Boss maroon metallic
  • Freedom green metallic
  • Candy antares red
  • Candy saphire blue
  • Flake saphire blue
  • Flake sunrise orange    

La CB 750 Four sera commercialisée jusqu’en 1980, elle sera déclinée en version roadster K7, K8 et en version sportive F0, F1, F2, F3, etc …

Il existe également une version automatique non dépourvue d’intérêt.

La CB 750 Four sera supplantée en 1978 par l’arrivée de la CB 750 K disposant d’un nouveau bloc-moteur à 4 soupapes par cylindres, puis par la CB 900 Bol d’Or.

D’un point de vue «collector » : La CB 750 Four est l’un des musts des collectionneurs.
Le marché mondial est tiré par le marché U.S. qui connaît une hausse des prix vertigineuse depuis 2 ans.
Un prototype de 1967 (un des trois existants) s’est vendu $ 150 000 en 2014.

Une CB 750 Four K0 Sandcast se négocie entre $ 25 000 et $ 40 000, selon l’historique.
Une CB 750 Four K0 Diecast  de 1969  se  trouve entre $ 20 000  et  $ 25 000, une K0 de 1970, autour de $ 20 000.
Et les prix continuent de grimper …

En Europe, les K0 Sandcast sont rares, leur prix se situe entre 20 000 € et 25 000 €.
Une K0 Diecast se négocie autour de 20 000 €.
Une K1 ou une K2 entre 15 000 € et 18 000 €.

A l’utilisation : Quelle que soit l’année modèle, la CB 750 Four est représentative de la marque Honda : facilité de prise en main, douceur des commandes, sentiment de sécurité au guidon.

C’était déjà vrai en 1969, c’est toujours le cas de nos jours …  

image011Les 67 CH sont réels, mais ils ne sont  … que 67 ! C’était peut-être suffisant en 1969 pour tailler des croupières à la concurrence, c’est un peu juste de nos jours pour évoluer au sein du trafic actuel. Pour obtenir plus de couple, l’utilisation d’un kit pistons 836 cc constitue une bonne solution.

La tenue de route est acceptable jusqu’à 120 km/h, aléatoire au-delà de 120 km/h. La pose d’amortisseurs renforcés contribue à améliorer le tableau, mais la moto est lourde et la suspension AV peu efficace.

Le freinage n’a pas changé : il était déjà juste dans les années 70, à l’époque des R5 et des 504, il est presque ridicule de nos jours où toutes les voitures sont équipées de l’ABS !  

 Sur le plan mécanique, un moteur de CB 750 Four est délicat à restaurer, c’est même une « affaire de spécialiste » : machine après machine, je découvre de nouveaux « trucs » et astuces.

Le remontage du vilebrequin est « pointu » (pastillage), tout comme celui de l’arbre à came et tout particulièrement de son système de lubrification.

image012Le serrage de la culasse doit être effectué moteur hors cadre et nécessite un minimum d’expérience. 

A l’utilisation, la K0 est assez austère, mais au moins, on chevauche le mythe !

La K1 est plus aboutie, facile et agréable d’utilisation : de nombreux défauts inhérents à la K0 ont été gommés.

La K2 est devenue une moto facile et sans problème, mais du fait de ses échappements (trop) silencieux, la moto devient presque insipide.

La K6 est une jolie moto, discrète et sans problème, agréable d’utilisation : elle a juste souffert d’avoir été commercialisée à une époque où la concurrence présentait des nouveautés bien plus attrayantes.
 
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